Quand quelque chose me dérange profondément

j’ai souvent l’impression de voir la rĂ©alitĂ© telle qu’elle est.

Comme si mon ressenti,
mon interprétation,
ma conclusion,
étaient forcément la vérité.

Mais est-ce réellement la situation qui me fait souffrir

ou l’histoire que mon esprit construit autour de cette situation ?

Deux personnes peuvent vivre exactement le mĂȘme Ă©vĂ©nement

et pourtant ressentir,
comprendre
et interpréter quelque chose de totalement différent.

Exemple : deux frĂšres qui traversent des difficultĂ©s pour partager un hĂ©ritage. L’un trouve cela injuste, tandis que l’autre peut se sentir trahi. Pourtant, c’est la mĂȘme situation, mais chacun lui donne une signification diffĂ©rente.

Parce que nous ne regardons pas le monde uniquement avec nos yeux

nous le regardons aussi Ă  travers :
nos blessures,
nos croyances,
nos expériences,
nos peurs,
nos attentes,
et tout ce que nous avons enregistré inconsciemment depuis des années.

Alors parfois

je ne vois plus réellement la situation.

Je vois :
ce que j’ai peur de revivre,
ce que je crois devoir protéger,
ou ce que mon histoire personnelle me pousse à interpréter.

Quand quelqu’un ne me rĂ©pond pas

est-ce réellement du rejet ?
Ou une interprĂ©tation nĂ©e d’une ancienne blessure ?

Quand une personne me contredit

est-ce réellement une attaque ?
Ou simplement une vision différente de la mienne ?

Quand une situation échappe à mon contrÎle

est-ce réellement dangereux ?
Ou mon besoin de sĂ©curitĂ© qui s’active intĂ©rieurement ?

Je rĂ©alise aujourd’hui que beaucoup de mes certitudes

sont parfois des pensées répétées suffisamment longtemps pour devenir des vérités automatiques.

Et plus je crois avoir absolument raison

plus je ferme la porte à d’autres perceptions possibles.

Pourtant

ouvrir mon regard à une autre vision ne m’enlùve pas ma valeur.

Cela m’aide simplement Ă  sortir des rĂ©actions automatiques,
du besoin de contrĂŽler,
de convaincre,
ou d’avoir toujours raison pour exister.

Alors aujourd’hui

je prends du recul sur ce que je crois vrai.

Je respire avant de réagir.
J’observe avant de conclure.
J’écoute avant d’interprĂ©ter.

Et je me rappelle que :
ce que je vois du monde

n’est peut-ĂȘtre qu’une version parmi d’autres.