Une croyance est comme un programme informatique installé depuis longtemps et utilisé pour classer ce qui est possible ou impossible, bon ou mauvais. Ensuite, nous percevons le monde à travers cet angle de vue. Nous y croyons si fortement que nous oublions que chaque personne en face de nous possède ses propres croyances et ses propres filtres pour définir le bien et le mal, le possible et l’impossible.

Ainsi, les malentendus se multiplient dans les relations, car chacun reste centré sur sa propre vision, sans tolérer celle de l’autre. Mais cette vision, c’est notre authenticité ; notre histoire nous est propre, et personne d’autre ne voit le monde exactement comme nous.

On cherche souvent à avoir raison pour justifier notre position dans une situation. Mais si nous nous mettions à la place de l’autre, si nous avions vécu la même vie avec les mêmes expériences, nous aurions probablement le même avis.

Comprendre cette notion nous ouvre les portes de la compassion. Ceux qui acceptent les avis différents comme de simples perspectives voient le monde avec une bienveillance nouvelle. Comme le dit Paulo Amaro : “L’avis des autres n’est que la vie des autres.”

Permettre à l’autre d’être lui-même, de conserver son propre point de vue même s’il diffère du nôtre, c’est l’aimer inconditionnellement — tout comme nous souhaitons tous être aimés.

Qu’est-ce que je crois au sujet de… ?

Nous avons tendance à tenir pour évident ce que nous croyons vrai, au point que nous n’y pensons même plus.

Nous sommes comme un poisson rouge dans son aquarium. Il regarde autour de lui, et ce qu’il remarque le moins… c’est l’eau.

Nos croyances fonctionnent exactement de la même manière. Elles nous entourent constamment au point de nous sembler naturelles, normales, logiques et universelles.

Notre système de croyances constitue la base de notre vision du monde.
Il influence ce que nous percevons comme vrai, faux, important, dangereux, acceptable ou impossible.

Une croyance est une affirmation personnelle que nous pensons vraie.
Elle concerne :

ce que nous croyons être,
ce que nous croyons mériter,
ce que nous pensons être capables d’accomplir,
la manière dont nous percevons les autres,
et notre façon de voir le monde en général.

Certaines croyances concernent directement :

notre identité — ce que nous croyons être profondément ;
nos capacités — ce que nous pensons pouvoir réussir ou non.

Et ces croyances influencent énormément nos comportements, nos émotions, nos choix et notre manière de réagir aux événements.

Le plus important à comprendre, c’est qu’une croyance ne se construit pas forcément sur la logique, mais très souvent sur l’expérience vécue.

Une seule expérience émotionnellement forte peut parfois suffire à créer une croyance durable.

Par exemple :

un rejet,
une humiliation,
une trahison,
un abandon,
une réussite marquante,
ou au contraire des expériences répétitives vécues pendant des années.

Avec le temps, ces expériences créent des conclusions inconscientes sur nous-mêmes et sur le monde.

“Je ne suis pas assez.”
“Je dois être parfait pour être aimé.”
“Le monde est dangereux.”
“Je dois me méfier.”
“Je ne mérite pas ma place.”
“Je suis incapable.”

Et plus nous croyons à ces pensées, plus nous filtrons inconsciemment les situations pour confirmer ce que nous croyons déjà.

Nous sélectionnons les informations qui renforcent notre vision du monde et ignorons souvent ce qui pourrait la remettre en question.

C’est ainsi que notre cerveau maintient une forme de cohérence intérieure et protège son modèle du monde.

Certaines croyances sont aidantes et deviennent de véritables ressources :

“Je peux apprendre.”
“Je suis capable d’évoluer.”
“Je mérite le respect.”
“Je peux me relever.”

D’autres deviennent limitantes et nous enferment inconsciemment :

“Je n’y arriverai jamais.”
“Je suis trop différent.”
“Je ne mérite pas d’être aimé.”
“Je dois toujours faire plaisir.”

Une croyance aidante nous soutient.
Une croyance limitante nous freine.

Mais aucune croyance n’est une vérité absolue.
Elle représente souvent une interprétation construite à partir de notre histoire, de notre environnement, de notre culture et de nos expériences passées.

Remarque que parfois, pour une même problématique, tu vas réagir de plusieurs manières différentes.

Prenons l’exemple d’un incident informatique.

Parfois, tu vas mal le vivre et réagir d’une manière qui exprime le désagrément.
Et d’autres fois, tu vas profiter de ce moment autrement sans que cela te dérange réellement.

Pourtant, la situation est exactement la même.

Ce qui change réellement, c’est ton état émotionnel, ton niveau de fatigue, ton énergie et l’interprétation intérieure que ton cerveau fait de la situation.

Si tu te sens bien, reposé et régénéré, tu auras davantage tendance à accueillir les événements avec plus de souplesse et de positivité.

Mais lorsque tu es fatigué, stressé, blessé ou émotionnellement chargé, ton attention se dirige plus facilement vers les limites, les problèmes et les aspects négatifs de la situation.

Tu peux alors commencer à ruminer, repenser en boucle au problème et maintenir intérieurement un état de tension, de frustration ou de colère persistante.

Cela montre à quel point notre perception du monde est influencée par notre état intérieur.

Nous ne réagissons pas seulement aux événements…
Nous réagissons surtout à l’interprétation que notre système construit autour de ces événements.