Quand je prononce cette identification en me prĂ©sentant âïž, jâai lâimpression de nommer ce qui me dĂ©finit.
Suis-je en train de me réduire à une fonction, un rÎle, un prénom ?
Si lâun de mes rĂŽles sâĂ©teint, qui deviens-je ?
Quand je dis : « ça, câest une fleur đž », jâai lâimpression de connaĂźtre tout ce quâelle est. Mais en rĂ©alitĂ©, que sais-je vraiment Ă son sujet ?
Est-ce que cela me permet de connaĂźtre, sa vitalitĂ©, les bĂ©nĂ©fices quâelle offre Ă lâĂ©cosystĂšme ?
De la mĂȘme maniĂšre, nos rĂŽles disent peu de qui nous sommes vraiment.
LâĂ©valuation, le jugement et la critique de lâautre en disent encore moins sur notre entiĂšretĂ©, notre richesse et nos capacitĂ©s.
Les croire et sâidentifier uniquement Ă travers nos dĂ©fauts serait discriminant Ă notre propre Ă©gard.
Depuis lâenfanceâŠ
nous apprenons inconsciemment Ă jouer certains rĂŽles pour ĂȘtre acceptĂ©s, aimĂ©s, reconnus ou protĂ©gĂ©s.
Alors parfoisâŠ
nous devenons celui qui sauve,
celui qui porte,
celui qui contrĂŽle,
celui qui se tait,
celui qui cherche Ă plaire,
ou celui qui finit par se perdre derriĂšre les attentes des autres.
Et avec le tempsâŠ
à force de répéter certaines postures,
nous finissons parfois par croire que nous sommes ces mécanismes,
ces réactions,
ces protections,
ou ces blessures qui parlent Ă travers nous.
Mais un rĂŽle reste une postureâŠ
pas une identité profonde.
Parce quâau fondâŠ
derriĂšre beaucoup de comportements humains,
il existe souvent un besoin silencieux :
ĂȘtre vu,
ĂȘtre reconnu,
ĂȘtre aimĂ©,
sentir que notre présence compte vraiment.
Alors parfois nous nous adaptons,
nous surjouons,
nous performons,
nous faisons plaisir,
nous devenons indispensablesâŠ
simplement pour continuer Ă recevoir des signes de reconnaissance.
Mais si plus personne ne validait mon rĂŽleâŠ
que resterait-il de moi ?
Est-ce que je connais encore ma valeurâŠ
lorsque je cesse de vouloir prouver, convaincre ou ĂȘtre reconnu ?
Alors il est peut-ĂȘtre temps dâaller au-delĂ des apparencesâŠ
au-delĂ des personnages,
des mécanismes,
et des regards extĂ©rieursâŠ
Pour rencontrer quelque chose de plus profondâŠ
une présence qui existe encore,
mĂȘme lorsque les rĂŽles se taisent enfin.